L’agence fédérale pour l’accueil des demandeurs d’asile (Fedasil) est saturée. Dès lors, l’Office des Etrangers, après avoir enregistré la demande de nouveaux candidats, envoie directement ceux-ci dans les communes de leur choix. Certains CPAS, dont celui de Huy, sont alors amenés à gérer en nombre de nouveaux dossiers, sans pour autant disposer de personnel en suffisance et des moyens financiers.
Christophe Collignon se réjouit de la mise en place d’un plan de répartition des demandeurs d’asile dans les différentes communes, tel qu’annoncé dans la note du formateur Elio Di Rupo, et déchargeant ainsi Fedasil de sa compétence exclusive en matière d’accueil.
En 2007, le CPAS de Huy a eu à gérer 36 dossiers en aide sociale équivalente. Puis 51 en 2008, 55 en 2009 et 72 en 2010. Cette année, suivant les chiffres arrêtés au 21 octobre 2011, le CPAS de Huy assume la gestion de 131 dossiers (3,6 fois plus qu’en 2007!): 15 illégaux, 37 régularisés et 79 émanant directement de l’Office des Etrangers (via Fedasil ou non). En tenant compte des conjoints et enfants, ces 131 dossiers représentent 262 personnes auxquelles il faut assurer diverses allocations: aide médicale urgente, secours alimentaire, aide énergétique, budget épanouissement, repas scolaires et autres.
Les 15 dossiers «illégaux» sont toujours actifs malgré le fait que les personnes concernées aient reçu un ordre de quitter le territoire. Tant que celui-ci n’a pas exécuté par les instances fédérales compétentes, les personnes doivent toujours bénéficier de l’aide médicale urgente et de soins récurrents.
Pour les 37 dossiers «régularisés», les personnes bénéficient de l’aide sociale grâce à une régularisation de séjour sur base des articles 9bis (regroupement familial), 9 ter (raisons médicales) ou pour raisons humanitaires. La régularisation définitive de cinq ans ou le séjour de un an (en ordre de mutuelle leur est accordé).
Pour les 79 dossiers «Office des Etrangers», les personnes bénéficient de l’aide sociale et de la prise en charge des soins médicaux à concurrence du montant remboursé par l’INAMI au statut de bénéficiaire de l’intervention majorée (BIM, ex-VIPO). Ces demandeurs d’asile en procédure ne reçoivent que des documents de séjour valables de trois mois en trois mois durant un an, puis de mois en mois jusqu’à reconnaissance du statut ou ordre de quitter le territoire. Il est impossible pour le CPAS d’assurer la couverture d’une mutuelle à ces personnes.
Parmi ces 79 dossiers, 37 viennent des centres d’accueil (Fedasil – code 207) et 42 viennent directement de l’Office des Etrangers et ne se sont donc pas vus désigner un code 207.
Rien qu’au niveau de l’aide énergétique, de janvier à octobre 2011, les ménages «étrangers» représentent 10,8 % des ménages aidés par le CPAS de Huy et 23% des ménages qui reçoivent une aide sociale équivalente au revenu d’intégration sociale (ASE). La moitié des ménages «étrangers» aidés par le service énergie du CPAS de Huy se trouvent en séjour précaire (prolongation mensuelle ou trimestrielle de séjour). Et ces statistiques ne tiennent pas compte des étrangers naturalisés, des étrangers bénéficiaires du revenu d’intégration sociale et des étrangers bénéficiant d’autres sources de revenus (pension, allocation de chômage, allocation de handicapé). Par ailleurs, 8% des ménages en séjour précaire ont bénéficié de l’aide énergétique du CPAS de Huy avant de finalement recevoir un ordre de quitter le territoire.

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