Il nous est donné de participer à de nombreuses cérémonies, de nombreux événements, mais celui-ci revêt à mes yeux une importance toute particulière.
C’est le moment d’un passage, celui d’une étape, celui, enfin, d’une épreuve réussie.
Et cette épreuve, ce n’est pas seulement ces quelques jours de CEB, c’est tout un parcours qui commence dès la première maternelle.
Le jour de l’entrée en maternelle, un enfant signe pour 18 ans au moins de parcours scolaire.
Il est, dès lors, essentiel que ce parcours soit bon.
Une enquête récente révèle que, dans les priorités des Belges, c’est l’enseignement qui arrive en deuxième place, juste après la santé.
Il est essentiel que cet enseignement soit de qualité et qu’il soit donné par des enseignants de qualité.
On ne dira jamais assez le rôle et l’importance qu’ont les enseignants dans l’éducation d’un enfant, d’un adolescent, d’un homme ou d’une femme.
Louis Germain. Ce nom ne vous dit rien sans doute. Jusqu’il y a peu, je ne savais pas non plus qui il était. Louis Germain est l’instituteur qui a éveillé Albert Camus à l’instruction et à la culture. Mieux. Il s’est battu pour que l’entourage du jeune garçon accepte de lui faire fréquenter le lycée. Sans cet homme qui était allé jusqu’au bout de son devoir et de sa passion, Albert Camus n’aurait jamais écrit La Peste et l’Etranger.
Combien y a-t-il de Louis Germain, anonymes, dans nos écoles ? Ici, parmi nous, peut-être, de ces éveilleurs, de ces artisans de l’étonnement et de la curiosité, de ces passeurs de lumière, selon les mots de Bernard Tirtiaux ?
En ce jour un peu solennel, ce jour de rite, de passage, j’ai envie de rendre un hommage appuyé à celles et ceux qui ont choisi ce métier parfois difficile mais tellement gratifiant d’enseigner.
Nous vivons aujourd’hui dans ce qu’on appelle désormais la société de la connaissance. La génération précédente est quasiment née avec une console Nintendo entre les doigts. Aujourd’hui, on n’attend plus le secondaire pour jongler avec les I pad, le Web et autres mp3.
Il n’en demeure pas moins vrai qu’il a fallu le miracle du travail délicat et patient d’un instituteur ou d’une institutrice pour que les élèves ici réunis sachent aujourd’hui lire, écrire et calculer.
On peut inventer tous les moyens de communication et toutes les technologies que l’on voudra, rien ne remplacera ces premiers éveilleurs de savoir.
Quant à vous, qui allez entamer le secondaire, pour vous, tout reste à faire. Vous serez les femmes et les hommes de demain et votre formation, vous devrez la voir comme une chance.